Revue de presse : L’hommage des militants à «  Loulou  » Viannet

La CGT a salué lundi la mémoire de son ancien secrétaire généraldécédé le 22 octobre . Une salle portera son nom au siège du syndicat, à Montreuil.

«Il n’aime pas les louanges , encore moins les hommages », disait BernardThibault en 1999 à propos de Louis Viannet, en saluant, au moment de luisuccéder à la tête de la CGT, « un des plus grands dirigeants syndicalistes de notre époque ». En homme tourné vers les autres et toujours à leurécoute, l’ancien postier aurait sans doute pardonné à ses camarades leur désir d’honorer dignement sa mémoire après sa disparition, le 22 octobre, et de lui dédier le nom de la salle du comité confédéral national, instance dirigeante de la CGT, comme témoignage de son souvenir toujours présentau siège du syndicat, à Montreuil ( Seine-Saint-Denis ). Lundi soir , ce sont par centaines que les militants, connus ou plus anonymes, ont dit un adieu à leur « Loulou », au cœur des bâtiments où il fut élu secrétaire général de la CGT lors de son 44e congrès , en 1992, dans ce patio central récemment rebaptisé Georges Séguy . L’actuel secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, Bernard Thibault, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, accompagné d’ Isabelle de Almeida, la présidente du conseil national du PCF, instance autrefois dénommée comité central dans laquelle Louis Viannet a siégé de 1976 à 1996, ont assisté au premier rang à l’hommage.

La minute de silence remplacée par des applaudissements

Sous la verrière du patio Georges -Séguy, les images et les mots de Louis Viannet défilent. « Moi, je suis communiste », déclare -t-il dans l’émission télévisée l’Heure de vérité, en 1993, en évoquant « les valeurs de justicesociale, de recherche du bonheur , de recherche de la dignité  » que cela signifiait à ses yeux. Des valeurs qui ne l’ont jamais quitté depuis sesadhésions , à l’âge de 20 ans, à la CGT puis au PCF, au sortir de la grandegrève des postiers de 1953. L’une des dates , avec Mai 1968, la grève des PTT de 1974 et le mouvement social de 1995, qui forment les « quatretotems  » de la vie de Louis Viannet, selon les mots d’Élyane Bressol, la présidente de l’ Institut d’ histoire sociale (IHS) de la CGT, qui a endossé le rôle de cheffe d’ orchestre de l’hommage à Loulou, lundi soir.

De ses débuts comme simple militant puis responsable CGT des PTT, d’abord à Lyon, et ensuite au plan national, jusqu’à son entrée à la directionconfédérale de la CGT, en 1982, et ses deux mandats (1992-1999) effectués comme secrétaire général, sans oublier le père qu’il fut pour safille Sylvie, chacun a évoqué le Loulou qu’il connaissait. « Ce que nous retenons de Loulou, c’est sa capacité à entraîner les foules », se souvient Nicole, l’une de ses camarades à la CGT PTT de Lyon. Il était aussi un « visionnaire  », pour Christian Mathorel, le secrétaire général de la CGT FAPT (ex-PTT), fonction qu’a occupée Louis Viannet de 1979 à 1982. Pour Philippe Martinez, « Louis, c’était l’audace tranquille , comme l’a titrél’Humanité », un « homme respecté et reconnu tant par ses camarades et que par ses adversaires », et qui « a perçu dès sa prise de responsabilité (à la tête de la confédération – NDLR) les nouveaux défis du syndicalisme », liés à « la recomposition nouvelle du salariat » sur fond de montée de la précarité et du chômage de masse . « C’est dans cet environnement hostile (…) qu’il a œuvré à bâtir une CGT qui s’ adresse à toutes et à tous les salariés », en faisant « fonctionner à fond la carte de la démocratie » et cellede « l’unité syndicale, comme un élément majeur de la construction des batailles victorieuses », a rappelé le secrétaire général actuel de la CGT. « Adieu Loulou, nous continuons le combat  ! » a promis Élyane Bressol, tandis que les participants se sont levés en remplaçant la traditionnelleminute de silence par une minute d’applaudissements pour l’homme qui a toujours eu « le sens des autres ».

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