Revue de Presse : Dordogne. Après le suicide d’une employée de La Poste, les salariés reprennent le travail

Douze jours après le suicide d’une employée de La Poste en Dordogne, une centaine de salariés a repris le travail ce mardi.

Une centaine de salariés de La Poste en sud Dordogne, à l’arrêt depuis 12 jours à la suite du suicide d’une postière, selon eux sur fond de « harcèlement » managérial, ont repris le travail ce mardi après l’annonce du départ de cadres qu’ils mettaient en cause, a-t-on appris de sources syndicales.

Selon des délégués CGT-FAPT et Sud-PTT, la direction a annoncé dans la matinée aux salariés des plates-formes de Sarlat et Siorac-en-Périgord, qui exerçaient un droit de retrait chaque jour depuis le 25 octobre, que deux cadres dont ils réclamaient la mise à pied, ou la mise à l’écart, ont demandé à ne pas reprendre le travail sur ces sites et feront l’objet d’une mutation.

Reprise du travail

La direction a pour sa part indiqué que deux cadres « ont exprimé le souhait » de ne plus retravailler sur site, et un troisième de n’y plus retravailler pendant la durée d’une enquête paritaire interne. Il a été accédé à leurs demandes, selon la même source, sans précision sur leur affectation future.

Le personnel a voté la reprise du travail et a réintégré simultanément à 11 h 30 les deux centres. Ils ont observé une minute de silence en hommage à leur collègue de 44 ans, retrouvée pendue le 24 octobre à son domicile alors qu’elle était en arrêt maladie depuis des mois.

Selon des syndicats, cette collègue, dépressive, était « terrifiée par les multiples contrôles médicaux » qu’elle subissait, avait eu un contrôle le jour de son suicide, et avait exprimé son ressenti de « harcèlement » dans des SMS à des collègues, quelques heures avant son geste. Selon la direction, un rendez-vous médical « devait intervenir » le jour du suicide. Une enquête de gendarmerie est en cours.

Les syndicats de Siorac et Sarlat, dénonçant un « contexte notoire de réorganisation du travail à marche forcée » et de management local « de combat », avaient estimé qu’un tel drame était prévisible, et réclamé la mise à l’écart de trois cadres locaux.

Pas de retour à la normale avant « plusieurs semaines »

Lundi, plus de 300 personnes de Dordogne et de départements voisins s’étaient rassemblées à Sarlat en soutien aux postiers. Une délégation avait été reçue par le sous-préfet. Le président PS du département Germinal Peiro leur avait apporté son soutien.

Après deux semaines de paralysie du courrier en sud Dordogne, et avec le flux à venir des colis de fin d’année, un retour à la normale devrait prendre « plusieurs semaines », a estimé le délégué CGT Eric Garnier.

La reprise du travail devrait faciliter la tenue de deux enquêtes paritaires internes mandatées par le CHSCT, l’une sur le suicide et l’autre sur un incident distinct. La direction a mis en place un dispositif d’écoute et d’accompagnement psychologique sur site, et annoncé des groupes de travail sur la nouvelle réorganisation du travail.

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